Table ronde sur la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants.

Le Ministre de la Justice et des Affaires Pénitentiaires, chargé des Droits de l’Homme, a organisé jeudi 15 juillet 2021 une table ronde sur la question de la traite des personnes et du trafic Illicite des migrants. Etaient conviés à cette ronde :
- La Ministre de la Femme et de la Famille,
- Le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme,
- Le Procureur Général,
- Le Procureur de la République
- La Présidente de la Cour d’Appel
- La Procureur de la République
- Le Directeur Général de l’Ecole Nationale d’Etude Judiciaire
- Le Directeur de la Prison Civile de Gabode
- Le Directeur de La Législation et des Réformes, au Ministère de la Justice
- Mme Farhya Djama, Conseillère technique, chargée des questions liées à la lutte contre la traite des personnes et du trafic illicite des personnes
- Le Coordinateur du Bureau de la Coordination Nationale de la Migration, Monsieur Abdoulkader Ibrahim Gona,
- Le Colonel Waiss Omar Bogoreh, Commandant de la Garde-Côte,
- Le Colonel Houssein Nour Dalieh, de la Gendarmerie, point focal sur les questions de la migration
L’objectif de cette table ronde est de créer un groupe de travail qui sera chargé de coordonner les efforts pour lutter contre la traite et le trafic illicite des migrants.
Ce groupe aura pour mission de coordonner la gestion des données relatives au phénomène dans le pays Il devra présenter une stratégie et un plan d’action national de lutte contre ce fléau. le but de ce groupe de travail est de mutualiser les efforts de toutes les institutions travaillant sur le thème.
Le Ministre de la Justice a, dans son discours d’ouverture de la table ronde, remercié tous les participants. Il a rappelé la gravité de cette criminalité qui touche les composantes les plus vulnérables de la societé, c’est-à-dire les femmes et les enfants. Il a demandé l’engagement de chacune et de chacun pour que la lutte contre ce fléau soit efficace. Il espère que la constitution de ce groupe de travail va permettre d’améliorer la capacité à lutter contre la traite des personnes et le trafic illicite des migrants
Les discussions ont tourné autour de la migration illégale, les flux migratoires étant propices à la survenance de faits comme la traite des personnes. La République de Djibouti à l’instar de tous les pays du monde met en place de dispositifs contre la migration illicite pour sauvegarde la sécurité de son territoire et la stabilité sociale. Il faut ajouter que les premières victimes de la migration clandestine sont les migrants eux-mêmes car elle les met dans des situations de vulnérabilité extrêmes. D’un autre côté, notre pays est signataire d’un certain nombres de conventions et a adhéré à des nombreux instruments internationaux, le dernier en date étant le Pacte Mondial sur les migrations. Ce Pacte Mondial même s’il n’es pas juridiquement contraignant, s’appuie sur les engagements que les Etats ont pris pour gérer les migrations. Il s’agit là, comme l’a souligné le Président de la CNDH, d’assurer une migration sûre, ordonnée et régulières. Le commandant de la Garde-côte a rappelé la situation actuelle, en indiquant que la migration se faisait dans les deux sens, les migrants qui revenaient du Yémen, et que l’OIM se charge de rapatrier dans leurs pays d’origine et ceux qui continuent à aller vers les pays du Golfe, en passant par le Yémen. Le nombre de migrants traversant la République ne cesse d’augmenter.
Le coordinateur du Bureau de coordination de la Migration, a lui rappelé qu’un comité technique était en place par le Bureau de coordination de la migration et qu’il existait aussi un sous-comité en charge des questions liées à la traite des personnes. Il a indiqué que la création d’un autre groupe de travail n’était peut-être pas nécessaire. Mais comme cela a été souligné, ce groupe de travail va plutôt s’atteler t sur l’aspect judiciaire mais aussi la prévention, par le biais de la sensibilisation et la formation des magistrats et des OPJ.
Mme la Ministre de la Femme et de la Famille a rappelé la nécessité de vulgariser les textes juridiques sur le thème, mais aussi sur la nécessité d’apporter une réponse à la question de la migration illégale.
Le phénomène de la traite des personnes est encore méconnu, et rappelé des images d’un autre temps, souvent les infractions pouvant relever de la traite des personnes sont requalifiées sous d’autres appellations, d’où la nécessité de renforcer les formations pour qu’il y ait une compréhension commune, du phénomène. Il a été rappelé que notre pays est signataire de la Convention sur la criminalité organisée ainsi que les protocoles additionnels sur le trafic illicite des migrants et la traite des personnes. Deux lois ont été promulguées sur le thème en 2007 et en 2016. La loi de 2016 consacre un chapitre sur la prise en charge des victimes de traite des personnes.
Pour l’instant, des actions sont faites par la plupart des institutions qui travaillent chacune de son côté, fournissant des efforts disparates pour apporter une aide aux migrants vulnérables (Santé avec les unités mobiles, MFF prise en charge des femmes et enfants), la réunion de ce matin et le groupe de travail qui en résultera permettra de mettre en commun tous ces efforts et surtout d’avoir des données fiables sur la question.
Le groupe de travail dont il est question sera composé des membres désignés par les différentes institutions telles que la gendarmerie, la police nationale, la garde-côte, la CNDH, le Ministre de la Femme et de la Famille, la CNDH ainsi que des magistrats, et d’autres acteurs de la société civile.